Memento Mori (collage macabre d’après Puccini)

pour 11 chanteurs - 9’

Note de programme



      Création : Le Bateau Feu, Scène Nationale de Dunkerque – 9 mars 2017


Mise en scène : Benoît Lambert

Assisté de : Violaine Brébion

Scénographie et lumière : Antoine Franchet

Costumes Violaine : L. Chartier

assistée de : Amélie Loisy

Prologue : Mathieu Bonilla

Direction musicale et piano : Emmanuel Olivier


soprano : Anaïs Constans ou Sandrine Buendia

soprano : Aurélia Legay   

soprano Ainhoa Zuazua Rubira 

mezzo-soprano : Salomé Haller

ténor : Samy Camps

ténor : David Ghilardi      

baryton : Virgile Frannais

baryton : Pierre-Yves Pruvot 

basse : Geoffroy Buffière    

basse : Ronan Nédélec                              

basse : Olivier Naveau



      Depuis l’antiquité romaine la phrase Memento Mori — souviens-toi que tu vas mourir — nous rappelle l’une des rares lois de la nature face à laquelle nous sommes tous égaux. Elle fut déclinée dans l’art des vanités sous forme de natures mortes qui rassemblent dans une peinture, une image, une sculpture ou un objet tout ce qui fait figure de périssable : fleurs fraîchement cueillies ou fanées, crânes décorés ou nus, miroirs menteurs ou révélateurs, sabliers implacables…


Dans la pièce pour onze chanteurs et piano Memento mori, des citations musicales extraites des dernières paroles des héroïnes et héros d’opéras Pucciniens sont déployées et exposées comme des objets musicaux. Ces derniers prennent source dans les lignes mélodiques vocales et orchestrales originales puis sont décomposées et recomposées de manière déformée, pour se fondre dans la trame. Se succèdent par ordre d’apparition : le chœur des fantômes de Turandot, le chœur bouche fermée de Madame Butterfly, le meurtre de Scarpia, le suicide de Tosca, l’exécution du Prince de Perse, la mise à mort de Cavaradossi, le dernier souffle de Mimi et le dernier adieu de Madame Butterfly. Ce tableau dramatique est encadré par le Requiem de Giacomo Puccini dont le texte se déploie sur l’ensemble des citations.


Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.

Te decet hymnus Deus, in Sion, et tibi reddetur votum in Jerusalem.

Exaudi orationem meam; ad te omnis caro veniet.

Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.


"Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine.

Dieu, il convient de chanter tes louanges en Sion ; et de t'offrir des sacrifices à Jérusalem.

Exauce ma prière, toute chair ira à toi.

Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine".


Par son projet, Memento mori s’inscrit dans la continuité des messes-parodies de la Renaissance qui mettent en musique un texte liturgique sur des polyphonies préexistantes connues, parfois profanes, afin de faciliter l’apprentissage des fidèles.


Ce genre, sérieux à l’origine, se teinte ici de l’humour grinçant dont nous a habitué le mot parodie. Dévoyant l’esprit mortifère du sujet, la pièce se déploie sous la forme d’un requiem (repos) loin d’être reposant. Entre drame ou dédramatisation, éclats de rire sinistres ou malicieux, recueillements sincères ou teintés d’ironie, elle laisse place à une vision grotesque et théâtrale dans laquelle les héros et héroïnes Pucciniens sont condamnés à rejouer en permanence leur propre rôle. 


Commandée par La Co[opéra]tive, la pièce Memento mori présente une vision distanciée du sujet morbide pour se jouer de la question et ouvrir le rideau, ou lever le voile, sur les visions sarcastiques de l’opéra Gianni Schicchi de Giacomo Puccini mis en scène par Benoît Lambert.




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